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Nouvelle-Zélande

Rotorua : Un vent de soufre chez les Maoris

Deuxième étape de mon voyage en Nouvelle-Zélande, Rotorua est une réelle bouffée d’oxygène après mes débuts mouvementés à Auckland. Et ce, malgré l’odeur de soufre se dégageant des nombreux sites géothermiques de la région. Du parc Kuirau au site géothermique de Wai-O-Tapu, en passant par le petit village d’Ohinemutu, plongée au coeur de la capitale maorie.

C’est en bus que j’effectue le trajet entre Auckland et Rotorua. Avec la compagnie Manabus, le billet coûte environ 28 NZD (16€) pour parcourir ces 240 kms. Bien installé dans un autocar à deux étages très confortable (sièges spacieux et inclinables, WiFi, toilettes, etc…), il faut néanmoins compter près de 4h de route pour relier les deux villes. Le départ s’effectue en plein centre d’Auckland, à l’angle de Mayoral Drive et de Queen Street. L’arrivée se situe quant à elle au niveau du point d’information touristique sur Fenton Street.

Arrivée à Rotorua

Il est environ 13h30 lorsque je débarque à Rotorua. Sac sur le dos, me voilà parti pour une marche de deux kilomètres afin de rejoindre mon hébergement. Je traverse alors Kuirau Park, et je découvre pour la première fois les vapeurs de soufre. Issues de l’activité géothermique de la région, les fumeroles sont omniprésentes dans la ville : au beau milieu d’un jardin, au-dessus des plans d’eau, d’un tas de rochers, d’une bouche d’égout… L’odeur qui se dégage se rapproche de celle de l’oeuf pourri. Pour être honnête, j’appréhendais ce dernier point lors des préparatifs de mon voyage, mais cela s’avère finalement intermittent et tout à fait supportable.

kuirau park parc rotorua
Le « Kuirau Park » à Rotorua

C’est après avoir traversé le parc, puis le terrain de rugby adjacent que j’arrive à « The Backyard Inn ». L’hôtel ressemble en fait à un petit camping, et l’ambiance y est vraiment sympa ! Comme le mois de décembre marque ici le début des grandes vacances, il y a également quelques classes venues camper pour fêter la fin de l’année scolaire. Je me repose tout l’après-midi et profite de la piscine (chauffée naturellement par la géothermie). Je profite également des nombreuses brochures et informations disponibles à l’accueil pour préparer mon itinéraire et mes activités sur place. Le soir, je mange au restaurant de l’hôtel : un délicieux fish’n’chips pour 10 NZD (environ 5,80€).

Kuirau Park

Le lendemain matin, après une nuit vraiment réparatrice (enfin !), je suis en route pour une longue marche au coeur de la ville. Je commence donc au Kuirau Park, juste à côté. Un marché est installé, avec de nombreux petits stands vendant de tout et de rien, mais aussi de nombreux food-trucks proposant de la cuisine du monde entier. Le parc est superbe, bien aménagé et très arboré. J’observe avec curiosité les nombreux bassins fumants disséminés un peu partout.

kuirau park parc rotorua
Kuirau Park
Ohinemutu

Je prends ensuite la direction du quartier d’Ohinemutu. En vérité, il s’agit plus d’un petit village maori autonome et complètement différent de Rotorua que d’une partie de la ville. Les coutumes y sont différentes, et j’ai vite l’occasion de le voir. En effet, j’arrive malheureusement sur place en pleine cérémonie funéraire d’un habitant du village. Ohinemutu, d’habitude très ouvert et accueillant avec les touristes souhaitant découvrir la culture maorie, était ce jour-là désert. Le village a l’avantage d’être un des seuls sites maoris gratuits de la région. Les autres sites ont cédé aux sirènes du tourisme de masse, proposent des spectacles loin de la spontanéité et de l’authenticité que je recherche et sont hors de prix (de 60 à 80€ la journée de visite). Je prends néanmoins le temps de photographier le village, sans pouvoir pour autant me rendre sur la place principale, totalement dédiée à la cérémonie. Et c’est de loin que j’assiste au haka en hommage au défunt. Incroyable et saisissant.

ohinemutu maori
Ohinemutu
Rotorua Lake

Je continue ma promenade en longeant le bord du lac Rotorua. Le panorama est grandiose, et de magnifiques cygnes noirs prennent la pose devant mon objectif.

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Rotorua Lake
Government Gardens

C’est en continuant de suivre le petit sentier au bord de l’eau que je traverse une petite forêt avant de me retrouver aux Government Gardens. Ces jardins, situés à l’extrémité Est de la ville, sont parmi les plus beaux que j’ai visité jusqu’à aujourd’hui. Je passe par le Klamath Falls Rose Garden, une roseraie somptueuse avec une multitude de variétés de roses plus belles les unes que les autres.

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Klamath Falls Rose Garden

Quelques mètres plus loin se dresse le Rotorua Museum. Malheureusement, je ne peux le visiter car ce dernier est fermé suite à un tremblement de terre ayant gravement fragilisé le bâtiment. Qu’à cela ne tienne, je profite de la bonne luminosité du moment pour le photographier, ainsi que quelques personnes âgées jouant au crocket juste devant.

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Rotorua Museum

C’est avec toutes ses magnifiques images dans la tête (et dans l’appareil photo) que je rentre à l’hôtel, après 8 kilomètres de marche. J’y rencontre Jackson, un habitant d’Auckland venu courir le marathon qui se déroule le lendemain à Rotorua et Thomas, un Français avec qui je sympathise directement. Nous décidons alors que si la pluie annoncée le lendemain laissait place au soleil, nous partirons visiter le site majeur de la région : Wai-O-Tapu.

Wai-O-Tapu

Bonne nouvelle ! Le lendemain matin, c’est un grand ciel bleu qui nous attend. Nous nous préparons donc rapidement afin de pouvoir être à Wai-O-Tapu dès l’ouverture et éviter ainsi les nombreux cars de touristes. Nous nous rendons sur le site, situé à 31 kilomètres de Rotorua, avec la voiture de Thomas. En effet, ce dernier ayant prévu de rester 1 an en Nouvelle-Zélande, il a préféré acheter un véhicule. Notre idée du matin a été bonne, puisque c’est quasiment seuls que nous parcourons la réserve naturelle armés de nos appareils photos. Lorsque nous sommes revenus pour finir le parcours après avoir assister au spectacle du Lady Knox Geyser (dont je vous parle juste après), le parc était bondé, et la visite était du coup moins tranquille.

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Wai-O-Tapu
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Wai-O-Tapu

A 10h00 précises, nous reprenons la voiture pour nous rendre sur un des sites annexes du parc : le Lady Knox Geyser. En effet, l’éruption de celui-ci est provoqué artificiellement tous les jours, à 10h15 précises, grâce à… de la lessive !!! Mais il y a tellement de détails à raconter sur Wai-O-Tapu que je prévois d’y consacrer un article prochainement. Je rentre ensuite à l’hôtel et tandis que Thomas continue sa route vers Napier, au sud-est.

Lady Knox Geyser wai-o-tapu wai o tapu rotorua geothermal site
Lady Knox Geyser
Rencontre avec Hira…

Le lendemain matin, je me rends au centre-ville afin de rencontrer Hira, spécialiste du tatouage maori. J’ai en effet vu plusieurs photos de ses oeuvres lorsque je préparais mon voyage, et j’essaye de décrocher un rendez-vous pour un tatouage, sachant que je repars… le lendemain matin ! Autant dire que l’affaire est loin d’être conclue. A ma grande surprise, Hira accepte de me tatouer l’après-midi même, repoussant ainsi ses horaires habituels pour satisfaire ma demande ! Autant dire que je suis ravi !!!

… et tatouage le jour même !

Je reviens donc vers 13h30. Hira me pose alors quelques questions pour cerner ma personnalité, afin de me faire un tatouage sur-mesure et personnel. Il me propose de mettre en avant la force et le voyage. J’accepte sans hésiter et il commence son dessin… à main levée ! Il ne dessine que les contours, puis prépare son matériel et commence à me piquer. Et je dois dire que c’est un vrai génie ! En effet, je ne sens quasiment rien. Pire, je m’endors même plusieurs fois pendant qu’il me tatoue. Alors que je lui demande si je peux prendre 5 minutes pour boire (car oui, il faisait plus de 30 degrés ce jour-là !), il me répond « Just 3 more lines and it’s over man ». Je n’en reviens pas !!! Moins de 2h30 pour me tatouer tout le haut du bras, avec une multitude de petits détails. Hallucinant.

Je paye en tout et pour tout 500 NZD (soit environ 290€). Pour le même tatouage en France, le prix minimum est en moyenne 3 à 4 fois plus élevé. Si vous êtes en visite dans la région de Rotorua et que vous souhaitez vous faire tatouer un motif traditionnel maori, je vous conseille donc de venir voir Hira au salon Te Hira Toi – Ta Moko, sur Tutanekai Street.

Tatouage Maori par Hira - Salon Te Hira Toi (Rotorua) tattoo by
Tatouage Maori par Hira – Salon Te Hira Toi – Ta Moko (Rotorua)

C’est en fin d’après-midi que je rentre à l’hôtel afin de préparer mes affaires pour le lendemain. En effet, un nouveau long trajet m’attend afin de rejoindre la capitale néo-zélandaise : Wellington.

© Photo de couverture – Kuirau Park by Adrian Hodge

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